Lieu

Le don d’un ANGE

©Ewen Prigent

Situé entre la rue de Brest et la rue Gambetta, le théâtre actuel a été construit au cœur du centre ville, sur l’emplacement de la Sous-Préfecture, grâce au Comte Paul Ange de Guernisac, qui avait légué à la Ville une partie de sa fortune – 320 000 francs-or - afin que soit construit un théâtre digne de ce nom. On connaît la formule de l’architecte César Daly en 1865 : le théâtre est « le complément monumental de toute ville civilisée de quelque importance ».

Clés en main

Le marché est confié le 20 juillet 1886 à une maison spécialiste de la construction de théâtres "clés en main", la Maison Henri Diosse et Fils, installée à Lyon et Paris. Théodore Charpentier (1828-1902), était l’architecte associé aux Diosse. Morlaix lui fut confié. Les travaux, débutés en 1887 s’achevèrent efficacement douze mois plus tard, respectant les termes du marché. Le Théâtre, d’une capacité de 600 places, avait coûté 305 695 francs et était inauguré le 14 avril 1888 par la Comédie Française dont on peut voir l’histoire au dessus de la porte du Foyer du spectateur (salle d’entracte ou de détente) situé au premier étage.

Un théâtre à l’italienne en Bretagne

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La façade est sobre, assurant une expression urbaine monumentale tout en respectant la position sur la rue de Brest. Quelques longs emmarchements centraux dans le vestibule mènent au parterre, les escaliers côté cour mènent au paradis et côté jardin au balcon.

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La salle est établie sur un demi-cercle laissé ouvert qui libère une ouverture de scène appréciable (8,50 m). Des baignoires (loges de rez de chaussé) sont situées à Cour et à Jardin. Le premier balcon est en corbeille avec des loges de fonds. Le second balcon est astucieux, car il intègre un troisième niveau – le paradis – sans rompre son effet d’amphithéâtre.

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Le raccordement des balcons à l’arc du cadre, comme l’effet de perspective architecturale peinte au plafond, affermissent l’élan solide de cette architecture Beaux-Arts, passant des tons de rouge rehaussés d’or au parterre et à la corbeille, au bleu du ciel de la coupole. Le Théâtre a une capacité d’accueil de 413 places.

Un Monument historique

Fermé au public en 1996 en raison de son état de vétusté, le théâtre est classé Monument Historique en 1998, y compris sa cage de scène et la machinerie, la Commission Supérieure des MH considérant que « la conservation du théâtre municipal de Morlaix présente, du point de vue de l’histoire et de l’art, un intérêt public, en raison de son caractère d’exemple typique des théâtres à l’italienne de la IIIème république, l’un des rares à avoir conservé son aspect intérieur et ses dispositions et mécanismes d’origine. » (…)

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©Ewen Prigent

Restauration

La restauration à l’identique de ce lieu, est décidée tout en prenant en compte les nécessaires aménagements pour pouvoir en faire un lieu de diffusion du spectacle vivant contemporain.

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©Ewen Prigent

Tout en agissant d’une façon qui puisse être réversible, la pente du plateau a été supprimée sans altérer les dessous et tout en les rendant accessibles au jeu par un détrappage. On peut encore y voir le trou du souffleur. Également, si le gril en bois et ses tambours à structure de fer ont été maintenus en situation, mais hors d’usage, cela a été fait tout en intégrant dans le gril de façon discrète des chemins de moufles qui permettent un équipement moderne satisfaisant.

Texte de Marcel Freydefond.

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